Happy Art Home
Happy Art Home est né d’un cercle. J’ai choisi le mandala pour son lien avec le bouddhisme et la paix qu’il évoque. Une question traverse le projet : comment ce sentiment peut-il passer d’une personne à l’autre et devenir une expérience partagée ?
Imprimés sur papier et textile, les mandalas prolifèrent et s’assemblent jusqu’à former un espace à habiter. L’œuvre quitte le mur pour accueillir des rencontres et des ateliers : on y entre, on s’y retrouve, on y crée.
Les ateliers avec les enfants sont nés après mon retour au Cambodge, dans un pays encore marqué par les séquelles du génocide. Je souhaitais partager avec eux des moments de paix et de joie et créer des liens entre les enfants. Un temps d’attention, de silence ou de jeu précède le dessin, la couture ou le collage.
Un même fragment peut recevoir les contributions d’enfants de différents pays, à des moments distincts. Chacun répond aux traces laissées par un autre. Dessins, coutures et mots se superposent ou se juxtaposent. Des expériences singulières trouvent ainsi place dans une composition collective.
Dans les ateliers de cartographie, les enfants cousent des lignes entre les lieux pour rendre visibles leurs liens avec leurs proches. Puis ils imaginent des relations avec des personnes qu’ils n’ont jamais rencontrées. La création leur permet d’aller au-delà du familier, vers d’autres vies et d’autres expériences.
À la fin de chaque atelier, après l’assemblage, nous contemplons l’œuvre ensemble et écoutons les réflexions des enfants. Chaque contribution compte. À travers Happy Art Home, j’explore la paix comme une pratique de l’attention, de l’imagination et du partage. Un petit geste peut ouvrir sur un monde plus vaste.

